Une réflexion essentielle pour les aidants
Être aidant familial est une expérience riche de sens, mais aussi exigeante sur le plan émotionnel et physique. Quand il s’agit d’accompagner un proche, la question de la présence, de la distance et du temps pour soi se pose avec acuité tout particulièrement dans des moments exceptionnels, comme ceux que nous avons vécus lors de la période de confinement.
Ce parcours de pensée proposé à l’origine par Mutualité française Auvergne Rhône Alpes offre un cadre pour mieux comprendre les ressorts de la relation d’aide, identifier les écueils possibles, et envisager des pistes de réflexion qui permettent d’équilibrer l’attention portée à autrui et la préservation de soi-même.
L’importance de la présence
La présence est au cœur du rôle d’aidant. Face à la vulnérabilité d’un proche, le réflexe humain le plus immédiat est d’être là physiquement, mais aussi émotionnellement. Cette présence devient un appui, un lien significatif avec le monde pour la personne aidée.
Pourtant, être présent ne signifie pas uniquement être physiquement à côté de l’autre : cela inclut aussi savoir écouter, comprendre, anticiper les besoins et rester disponible sans s’épuiser soi-même.
Quand la présence devient omniprésence
Certaines situations, comme le confinement, ont mis à rude épreuve la relation d’aide. L’impossibilité de sortir, l’obligation d’être en permanence avec un proche, a pu transformer la présence bienveillante en omniprésence étouffante.
Dans un contexte de huis clos, la saturation relationnelle peut perdre sa vocation première, soutien, réconfort, disponibilité pour devenir un facteur de tension, de fatigue ou de renfermement émotionnel. Cela pose alors la question fondamentale : quelle qualité de présence est encore possible lorsque la distance est imposée ?
L’épreuve de la mise à distance
À l’inverse, certains aidants ont dû faire face à une distance physique imposée, que ce soit par des contraintes sanitaires, géographiques ou organisationnelles. Cette séparation peut être source de frustration, de culpabilité, d’inquiétude voire d’impuissance.
Pour dépasser cette difficulté, il peut être utile de réfléchir à de nouvelles formes de présence : par téléphone, via des échanges réguliers, en structurant des routines communes, ou en acceptant que la distance ne diminue pas l’attention ou la qualité du lien.
Penser à soi pour mieux accompagner l’autre
Finalement, l’enjeu n’est pas uniquement d’être présent ou distant, mais de trouver un équilibre entre l’accompagnement de l’autre et le soin de soi-même. Sans repères, sans espace de réflexion ou sans moments de ressourcement, la relation d’aide risque de s’épuiser.
Prendre du recul, mettre des mots sur ses émotions, comprendre ce qui se joue dans la relation d’aide : toutes ces démarches permettent de mieux vivre son rôle d’aidant, sans se perdre en chemin.
Être aidant est un rôle profondément humain, ancré dans la présence, l’écoute et la disponibilité. Mais il est tout aussi important de préserver son propre équilibre, en reconnaissant ses limites, en adaptant sa présence à chaque situation, et en prenant le temps de réfléchir à la manière d’accompagner au mieux son proche tout en prenant soin de soi.
Source : cet article s’inspire de la capsule de réflexion « Être loin de là… ou là de loin ? » publiée par Mutualité française Auvergne Rhône Alpes.
